L’histoire du fleuve roi

« DE QU’A FA LOU ROSE ? »
Qu’a fait le Rhône ?

C’était le bonjour des stéphanois se croisant au petit matin et allant vérifier la montée ou la baisse du niveau du fleuve.

De part sa situation, le village a toujours vécu avec le Rhône, subissant ses colères et débordements avant que digues et barrages régulent son cours. Par ailleurs, ce fleuve impétueux a été un partenaire de la vie économique locale de la fondation du village jusqu’aux années 1920. La cueillette des roseaux sur ses rives ou dans l’île des Brotteaux permettait le travail de quelques vanniers (1900-1920). Les pêcheurs, avec leur carrelet et « vire-vire » proposaient du poisson frais (anguilles, aloses, brochets, sandres, brèmes, …). Les travaux d’enrochement avaient accru la population et créé plusieurs échoppes de cordonniers ou autres commerces : alimentation, hôtellerie, location d’appartements (dans les années 1880).

Et la navigation sur le fleuve ?

À toutes les époques de l’histoire, de nombreux bateaux sillonnèrent le Rhône, conquête de territoires ou échanges de marchandises. Au moyen âge, la navigation quoique gênée par les droits de péages, était intense. Le sel et le vin constituaient les denrées les plus souvent transportées.

La période des équipages

Déjà au 18ème siècle, les équipages assuraient sur le Rhône une navigation active et bien organisée. Pendant la première moitié du 19ème siècle, l’époque dite « des équipages », le grand fleuve était sillonné par de longs convois de barques qui, à la « descise » (descente), allaient au fil de l’eau et à la montée étaient remorquées par de nombreux chevaux attelés par « couble » (groupe de quatre). Chaque équipage comprenait 7 à 8 barques, une vingtaine au moins de chevaux, de 40 à 50 personnes parmi lesquelles un patron, un « prouvier » (second patron), un « bayle » (chef de chantier), des charretiers conduisant chacun un couble, un maréchal ferrant et ses « chiens » (garçons).

La manœuvre d’un équipage était pénible, parfois périlleuse et pour loger tout ce monde, on trouvait le long du fleuve de vastes hostellerie toujours en fête. Les compoix de Saint Étienne mentionnent de nombreux mariniers habitants la localité. Des stéphanois s’étaient spécialisés dans la conduite de bateaux appelées « sapine »…Trois mariniers, quatre au plus, suffisaient à leurs manœuvre. Deux chevaux seulement pouvaient les remonter sans trop de peine. Ils transportaient des fûts d’arbres jusqu’aux scieries d’Avignon, des pierres de carrières pour les revêtements du bord du fleuve.

Ces transports par eau eurent leur apogée à St Étienne de 1878 à 1883. Les travaux de défense contre les dévastations du Rhône ont continué depuis cette époque au ralenti…la dernière sapine périt de vétusté en 1912. Ces barques furent remplacées par des pontons beaucoup plus grands remorqués par des « toueurs » actionnés par des machines à vapeur. La compagnie générale recrutait ses mariniers à Saint Étienne parmi les émigrants. Ces anciens pêcheurs ou ces anciens mariniers ont su s’adapter à la culture de la vigne et s’y consacrer avec passion.

« Ces hommes ont compris que là seulement ils trouveraient les ressources qui leur permettraient de rester au village »
Louis SERRET.

A l’aube de l’an 2000, Saint Étienne des Sorts, avec son port aménagé, est devenue une escale du tourisme fluvial.

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